
Dans le secteur agroalimentaire, garantir la sécurité et la qualité des produits n’est plus seulement une obligation morale envers les consommateurs. C’est devenu un impératif commercial et réglementaire, dans un contexte marqué par la multiplication des scandales alimentaires et la complexification des chaînes d’approvisionnement mondiales. Les entreprises ont besoin de référentiels solides pour démontrer leur sérieux et leur fiabilité. La certification SQF, acronyme de Safe Quality Food, fait partie de ces référentiels de référence à l’échelle internationale.
Reconnue par la Global Food Safety Initiative (GFSI), la certification SQF bénéficie d’une réputation particulièrement forte en Amérique du Nord, en Australie et plus largement dans les pays anglophones, où elle est considérée comme l’un des standards les plus rigoureux du secteur. Sa portée est désormais véritablement mondiale, avec des dizaines de milliers de sites certifiés dans de très nombreux pays. Comprendre ce qu’est la certification SQF, comment elle est structurée, quels sont ses niveaux et en quoi elle se distingue d’autres référentiels comme la FSSC 22000, le BRC ou l’IFS est devenu un enjeu clé pour toute entreprise qui vise ces marchés.
La certification SQF est un programme de certification dédié à la sécurité et à la qualité des aliments tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Elle a la particularité de couvrir simultanément deux dimensions qui sont parfois séparées dans d’autres référentiels : la sécurité des aliments, c’est‑à‑dire la prévention des risques pour la santé du consommateur, et la qualité des aliments, entendue comme la conformité aux spécifications attendues en termes de goût, de texture, d’apparence, de performance et de valeur nutritionnelle.
Le programme SQF est géré et développé par le SQF Institute (SQFI), une division du Food Marketing Institute (FMI), association professionnelle américaine représentant l’industrie alimentaire et la grande distribution. Cet ancrage dans l’univers des distributeurs nord‑américains explique en grande partie la forte légitimité commerciale du SQF sur ces marchés, où il est souvent considéré comme le référentiel “naturel” pour répondre aux attentes des grands donneurs d’ordre.
Depuis sa création, le SQF Institute a construit un programme structuré, régulièrement actualisé pour refléter les meilleures pratiques internationales, les évolutions réglementaires et les avancées scientifiques en matière de sécurité et de qualité alimentaires. La version actuellement en vigueur du code SQF est la version 9, publiée en 2020, qui encadre l’ensemble des certifications délivrées dans le cadre du programme.
L’histoire du programme SQF commence en Australie, au milieu des années 1990. En 1994, le département australien de l’agriculture développe les premières bases du référentiel, afin de proposer aux producteurs et aux transformateurs alimentaires un outil harmonisé pour démontrer la maîtrise de leurs processus. SQF naît donc initialement comme une réponse aux besoins des industries agroalimentaires australiennes souhaitant structurer leur démarche de sécurité alimentaire.
Le véritable tournant intervient au début des années 2000, lorsque le Food Marketing Institute américain acquiert les droits du programme et en prend la gestion. À partir de ce moment, le SQF passe d’un référentiel principalement australien à un programme à vocation internationale, soutenu par le réseau et l’influence d’une grande organisation de la distribution nord‑américaine. Cette bascule ouvre au SQF les portes du marché nord‑américain et accélère son déploiement à l’échelle mondiale.
L’obtention de la reconnaissance GFSI constitue une étape décisive. Cette reconnaissance, qui confirme que le référentiel répond aux critères de benchmarking de la GFSI, permet au SQF d’être accepté par de nombreux grands distributeurs et industriels qui exigent une certification GFSI pour référencer leurs fournisseurs. À partir de là, le nombre de sites certifiés SQF ne cesse de croître, au point de faire du programme l’un des référentiels GFSI les plus utilisés au monde.
Chaque nouvelle version du code SQF a intégré les apprentissages tirés de crises alimentaires marquantes, les évolutions réglementaires, notamment aux États‑Unis avec l’entrée en vigueur du Food Safety Modernization Act (FSMA), et les nouvelles attentes des consommateurs et des distributeurs en matière de transparence, de traçabilité et de qualité.
L’un des grands atouts du SQF est l’ampleur du périmètre qu’il couvre. Alors que certains référentiels se concentrent principalement sur la fabrication de produits alimentaires, le programme SQF s’applique à un spectre beaucoup plus large d’activités de la chaîne alimentaire.
La production primaire est intégrée au périmètre. Des exploitations agricoles produisant des fruits, des légumes ou des céréales, mais aussi des élevages ou des exploitations aquacoles, peuvent être certifiés SQF, ce qui permet de faire remonter la démarche de sécurité et de qualité jusqu’au tout premier maillon de la chaîne. C’est une particularité importante par rapport à d’autres référentiels qui s’arrêtent souvent à la transformation.
La fabrication et la transformation alimentaires constituent le cœur historique du programme. Toutes les grandes catégories de produits destinés à la consommation humaine peuvent entrer dans le champ du SQF : produits laitiers, viandes et volailles, produits de la mer, boissons, produits de boulangerie‑pâtisserie, plats préparés, conserves, snacks, confiseries, etc. Le code SQF est décliné en modules spécifiques selon les secteurs, afin d’adapter les exigences aux réalités, aux procédés et aux risques propres à chaque type de production.
La distribution et la logistique alimentaires sont également couvertes. Des entrepôts de stockage, plateformes logistiques, transporteurs et distributeurs peuvent être certifiés, ce qui permet de garantir une continuité de la maîtrise des risques depuis la fabrication jusqu’à la mise à disposition du produit. Le secteur de la restauration et du service alimentaire fait également partie du périmètre, avec des modules dédiés à la préparation et au service de repas, compte tenu des risques particuliers liés à ces activités.
L’architecture du programme SQF se distingue par son approche en niveaux, qui offre aux entreprises une progression structurée en fonction de leur maturité et des exigences de leurs clients. Cette logique graduelle permet d’entrer dans le programme par un niveau accessible, puis de monter en exigence au fur et à mesure que le système de management se renforce.
Le niveau dit “Fondamental”, souvent appelé SQF Fundamentals, constitue le point d’entrée. Il est particulièrement adapté aux entreprises qui s’engagent pour la première fois dans une démarche structurée de sécurité alimentaire reconnue, comme de nombreuses PME ou des producteurs primaires. À ce niveau, l’entreprise doit mettre en place des bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication, des contrôles de base et les premiers éléments d’un système de management de la sécurité des aliments. Il s’agit d’une marche préparatoire vers des niveaux plus exigeants.
Le niveau 2 correspond au niveau “Sécurité alimentaire” (SQF Food Safety). C’est le niveau de référence pour les entreprises qui souhaitent une certification reconnue par la GFSI et acceptée par la plupart des grands donneurs d’ordre. À ce stade, l’entreprise doit démontrer qu’elle dispose d’un système complet de gestion de la sécurité des aliments, fondé sur une analyse HACCP rigoureuse, des programmes prérequis efficaces et un dispositif de management structuré qui permet l’amélioration continue.
Le niveau 3, enfin, est le niveau le plus exigeant du programme. Il englobe l’intégralité des exigences du niveau 2 pour la sécurité alimentaire et y ajoute un volet complet de management de la qualité. L’entreprise certifiée au niveau 3 prouve à la fois sa maîtrise des risques qui menacent la sécurité des produits et sa capacité à garantir la constance de la qualité, au regard de paramètres définis avec ses clients. Pour des donneurs d’ordre très exigeants sur les aspects qualité sensorielle ou fonctionnelle, ce niveau 3 constitue un signal de différenciation très fort.
Le code SQF version 9 est structuré autour d’éléments fondamentaux qui composent le système de management de la sécurité et de la qualité alimentaires. L’un des premiers piliers est l’engagement de la direction. Le programme insiste sur le fait que la direction doit montrer, de manière visible, son implication dans la politique de sécurité et de qualité des aliments, allouer les ressources nécessaires, définir des objectifs clairs et impulser une culture dans laquelle ces sujets sont considérés comme des priorités. SQF impose également la désignation d’un praticien SQF, une personne spécifiquement formée et qualifiée pour superviser le développement, la mise en œuvre, l’évaluation et le maintien du système au sein de l’organisation.
Le système documentaire constitue un autre pilier central. Le code requiert l’existence d’une politique de sécurité et de qualité, de procédures opérationnelles, d’instructions de travail et d’enregistrements permettant de démontrer la maîtrise effective des processus. Ce système documentaire doit être tenu à jour, diffusé aux personnes concernées et régulièrement revu pour rester pertinent et efficace.
Au cœur du dispositif se trouvent les plans de sécurité et, pour le niveau 3, les plans de qualité. Le plan de sécurité alimentaire, construit selon la méthodologie HACCP, identifie les dangers biologiques, chimiques, physiques et allergéniques susceptibles d’affecter les produits, évalue les risques et définit des mesures de maîtrise adaptées. Le plan de qualité, lorsqu’il est requis, décrit les paramètres critiques pour la qualité des produits et les moyens mis en œuvre pour les contrôler de manière constante.
Les programmes prérequis complètent cet ensemble. Ils regroupent l’ensemble des conditions et activités de base nécessaires pour maintenir un environnement maîtrisé : conception et maintenance des bâtiments et des équipements, gestion de l’eau et de la glace, maîtrise des nuisibles, gestion des déchets, nettoyage et désinfection, hygiène et formation du personnel, gestion des allergènes, traçabilité, et autres aspects opérationnels essentiels. Ils constituent le socle sur lequel repose la démarche HACCP.
Enfin, le code SQF met fortement l’accent sur la vérification et l’amélioration continue. Audits internes, analyses et tests produits, revues de direction, traitement structuré des non‑conformités et des actions correctives et préventives permettent d’évaluer régulièrement l’efficacité du système et de le faire progresser. Cette dynamique d’amélioration permanente est l’une des caractéristiques majeures du programme.
L’obtention de la certification SQF repose sur un processus en plusieurs étapes qui demande préparation et constance. La première étape concrète consiste à enregistrer le site dans la base de données SQF gérée par le SQF Institute. Cet enregistrement permet d’accéder officiellement aux ressources du programme, au code SQF et à un certain nombre d’outils de mise en œuvre, tout en marquant le début de la démarche.
En parallèle, l’entreprise doit identifier son praticien SQF et s’assurer qu’il suit la formation requise et réussit l’examen de qualification. Ce praticien devient la personne de référence pour la conception, la mise en œuvre et le suivi du système SQF. Ce choix d’imposer une personne formellement qualifiée est une spécificité du programme, qui vise à garantir un niveau minimal de compétence technique dans chaque site certifié.
Vient ensuite la phase de développement et de mise en œuvre du système. Sur la base du code SQF et d’une analyse des écarts réalisée en amont, l’entreprise construit ou met à niveau sa politique de sécurité et de qualité, son plan HACCP, ses programmes prérequis, ses procédures et ses enregistrements. Cette phase inclut la formation et la sensibilisation du personnel, la mise en œuvre concrète des nouvelles pratiques sur le terrain, ainsi que la réalisation d’audits internes et au moins une revue de direction avant de solliciter l’audit de certification.
Lorsque le système est jugé suffisamment robuste, l’entreprise sélectionne un organisme de certification accrédité par le SQF Institute pour mener l’audit de certification. L’audit se déroule sur site. L’auditeur examine la documentation, observe les opérations, vérifie les enregistrements et interroge les équipes afin d’évaluer la conformité aux exigences du code. À l’issue de l’audit, il attribue un score et émet une recommandation, sur la base de laquelle l’organisme de certification décide d’accorder ou non la certification.
Contrairement à d’autres référentiels qui se contentent de distinguer conformité et non‑conformité, le SQF attribue à chaque audit un score numérique qui reflète le niveau de performance global du système. Ce score, exprimé en pourcentage, est associé à un niveau d’appréciation. Un score supérieur ou égal à 96% correspond à un résultat qualifié d’Excellent. Un score compris entre 86% et 95% est considéré comme Bon. Un score entre 70% et 85% est jugé Conforme, mais montre qu’il subsiste des marges de progression importantes. En dessous de 70%, la certification ne peut pas être accordée.
Ce système de scoring a plusieurs avantages. Il permet aux entreprises de mesurer objectivement leur progression d’un audit à l’autre, en donnant une indication précise de la performance globale au‑delà de la simple présence ou absence de non‑conformités. Il offre aussi aux clients une lecture plus nuancée du niveau de maîtrise du site audité. Cette transparence est souvent appréciée, notamment dans les relations commerciales avec de grands donneurs d’ordre.
La certification SQF est valable douze mois. Un audit de recertification complet doit donc être réalisé chaque année pour maintenir le certificat. Cette fréquence d’audit, plus élevée que celle de certains autres référentiels où le certificat est délivré pour trois ans avec des audits de surveillance intermédiaires, reflète le niveau d’exigence du programme en matière de maintien et d’actualisation des systèmes de management.
S’engager dans une démarche SQF représente un investissement conséquent, mais les bénéfices peuvent être très significatifs. Sur le plan commercial, la reconnaissance GFSI du programme et sa position dominante sur certains marchés font du SQF un véritable passeport pour accéder aux grands distributeurs nord‑américains et australiens, ainsi qu’à de nombreuses enseignes de restauration et de restauration rapide. Pour une entreprise qui vise ces marchés, la certification SQF est souvent perçue comme un prérequis incontournable.
Sur le plan de la gestion des risques, la mise en place du code SQF permet de structurer et de documenter de manière très rigoureuse la maîtrise des dangers alimentaires. Cela réduit la probabilité d’incidents majeurs, de rappels produits coûteux ou de crises médiatiques. La traçabilité et la capacité à réagir rapidement en cas de problème sont également renforcées, ce qui améliore la résilience de l’organisation face aux aléas.
Sur le plan interne, le déploiement du référentiel favorise une culture de l’excellence opérationnelle et de l’amélioration continue. Les collaborateurs sont mieux formés, les responsabilités mieux clarifiées, les processus mieux définis. Les non‑conformités répétitives et les gaspillages tendent à diminuer, au bénéfice de la performance globale de l’entreprise. Pour les organisations qui choisissent le niveau 3, l’intégration explicite de la qualité au système de management est un levier supplémentaire pour se différencier sur des marchés où la constance de la qualité perçue est un critère clé.
Pour les entreprises qui exportent vers les États‑Unis ou qui y opèrent directement, la question du lien entre la certification SQF et le Food Safety Modernization Act est centrale. Le FSMA, grande réforme de la législation américaine sur la sécurité alimentaire, repose sur une logique de prévention et non plus seulement de réaction aux crises. Cette philosophie est étroitement alignée sur l’approche du SQF, qui impose une analyse proactive des dangers et la mise en œuvre de mesures préventives.
La mise en œuvre du code SQF version 9 permet de couvrir une grande partie des attentes du FSMA en matière de bonnes pratiques de fabrication et de plans de sécurité préventifs. La certification SQF n’est pas une preuve de conformité réglementaire en tant que telle et ne dispense pas les entreprises de respecter directement les obligations du FSMA. En revanche, elle offre un cadre structuré qui facilite grandement la mise en conformité, ce qui explique pourquoi beaucoup d’entreprises nord‑américaines ou tournées vers ce marché privilégient ce référentiel.
Dans un paysage où coexistent plusieurs référentiels reconnus par la GFSI, le choix du bon standard est un enjeu stratégique. Le SQF se démarque d’abord par sa force en Amérique du Nord et en Australie, où il est souvent vu comme la référence naturelle. Sa structure à niveaux et sa capacité à intégrer la qualité au même titre que la sécurité lui donnent un positionnement particulier, surtout pour les entreprises qui souhaitent afficher une maîtrise globale, sécurité et qualité réunies.
La FSSC 22000 se distingue par son ancrage dans les normes ISO, notamment l’ISO 22000 et les spécifications techniques associées. Elle est particulièrement appréciée dans les environnements où la culture ISO est forte, notamment en Europe. Son architecture facilite l’intégration avec d’autres systèmes de management ISO, ce qui en fait un choix naturel pour des organisations déjà engagées dans plusieurs certifications ISO.
Le BRC Global Standard for Food Safety, historiquement britannique, reste très dominant au Royaume‑Uni et dans certaines régions d’influence anglophone. Il se caractérise, entre autres, par la place donnée aux audits non annoncés et par une structure de reconnaissance graduée. L’IFS Food, développé conjointement par des fédérations de la distribution française et allemande, occupe, lui, une position centrale en Europe continentale, où il est très souvent exigé par les enseignes de la grande distribution.
En pratique, le choix d’un référentiel dépend d’abord des exigences des clients et des marchés cibles. Certaines entreprises choisissent d’ailleurs de combiner plusieurs certifications, par exemple SQF pour leurs clients nord‑américains et BRC ou IFS pour leurs clients européens, afin de répondre précisément aux attentes de chaque réseau.
La gestion des allergènes est un enjeu vital dans la sécurité alimentaire moderne. Le programme SQF exige des entreprises certifiées qu’elles mettent en place un dispositif complet de maîtrise de ces risques. Cela commence par l’identification de tous les allergènes présents dans les matières premières et les produits. Vient ensuite l’analyse des risques de contamination croisée, que ce soit au stockage, en fabrication ou au conditionnement.
Des mesures préventives adaptées doivent ensuite être mises en place. Elles peuvent inclure l’organisation des séquences de production, des procédures de nettoyage validées, la séparation physique ou organisationnelle de certains flux ou zones, la gestion rigoureuse des changements de recette et des lancements de nouveaux produits. L’efficacité de ces mesures doit être vérifiée, notamment par des contrôles ciblés. L’étiquetage constitue un volet complémentaire indispensable, afin que les informations relatives aux allergènes soient justes, claires et à jour sur les emballages. La rigueur des exigences du SQF en matière d’allergènes en fait un référentiel particulièrement apprécié par de nombreux donneurs d’ordre, notamment dans un contexte où les réglementations relatives à l’étiquetage se sont renforcées.
Au‑delà des procédures, le programme SQF accorde une place grandissante à la notion de culture de sécurité alimentaire. Il ne s’agit plus seulement de vérifier que des documents existent, mais de s’assurer que l’ensemble de l’organisation vit la sécurité alimentaire au quotidien. Une culture de sécurité forte se traduit par un engagement sincère et visible de la direction, par une compréhension partagée des enjeux à tous les niveaux, par une communication ouverte sur les incidents ou presque‑accidents, et par une capacité des collaborateurs à signaler des problèmes sans crainte de sanction.
Le code SQF demande aux entreprises de se pencher explicitement sur ces aspects culturels, de les évaluer et de définir des axes d’amélioration. Cette approche reconnaît que les meilleures procédures restent inefficaces si les comportements quotidiens ne sont pas alignés avec les attentes du système. C’est un changement de perspective important, qui rapproche le référentiel des approches les plus modernes en matière de culture sécurité.
Les audits SQF sont réalisés par des organismes de certification accrédités par le SQF Institute. Ces organismes doivent respecter des critères stricts d’impartialité, de compétence et de rigueur dans leurs processus. Les auditeurs eux‑mêmes sont soumis à des exigences élevées : ils doivent justifier d’une expérience dans le secteur qu’ils auditent, suivre une formation spécifique au code SQF et démontrer leur compétence lors d’audits témoins ou supervisés.
Cette exigence de compétence sectorielle est déterminante. Elle garantit que l’auditeur comprend les réalités, les contraintes et les risques spécifiques du type d’activité qu’il évalue, ce qui rend l’audit plus pertinent et plus utile pour l’entreprise. La liste des organismes de certification autorisés est publiée par le SQF Institute, ce qui permet aux entreprises de choisir un partenaire reconnu et crédible.
Le coût d’une certification SQF varie fortement d’une entreprise à l’autre. Il dépend de la taille du site, du nombre de lignes ou de procédés concernés, de la complexité des produits, du niveau de certification visé (Fondamental, niveau 2 ou niveau 3), de la maturité initiale du système et des investissements nécessaires pour atteindre le niveau attendu. À ces éléments s’ajoutent les frais d’enregistrement auprès du SQFI, les coûts de formation du praticien SQF, l’éventuel recours à un consultant, les ressources consacrées aux audits internes et aux analyses de laboratoire, ainsi que les honoraires de l’organisme de certification.
Il est difficile de donner un chiffre générique, mais il est utile de raisonner en termes de retour sur investissement. L’accès à de nouveaux marchés, la capacité à répondre à des appels d’offres exigeant une certification GFSI, la réduction des non‑conformités et des gaspillages, ainsi que la prévention de crises majeures, représentent des bénéfices potentiels importants. Pour de nombreuses entreprises, ces gains compensent largement les coûts liés à l’obtention et au maintien du certificat.
La certification SQF (Safe Quality Food) est bien plus qu’un simple label. C’est un système de management complet, rigoureux et évolutif, qui place la sécurité et la qualité alimentaires au cœur des priorités d’une organisation. Sa structure à niveaux permet une approche progressive, adaptée à la maturité et aux besoins de chaque entreprise. Son système de scoring apporte une lecture fine de la performance et motive les équipes dans une logique d’amélioration continue.
Reconnue par la GFSI et particulièrement valorisée en Amérique du Nord, en Australie et dans les marchés anglophones, la certification SQF est un atout commercial majeur pour les entreprises qui souhaitent développer ou sécuriser leurs positions sur ces territoires. Dans un monde où la moindre crise alimentaire peut avoir des conséquences fortes sur la santé publique, l’image de marque et la confiance des consommateurs, s’engager dans une démarche SQF est à la fois un acte de responsabilité et un levier stratégique de développement.
La certification SQF et la certification FSSC 22000 sont toutes deux reconnues par la GFSI, mais elles présentent des différences notables. La FSSC 22000 repose sur les normes ISO (ISO 22000 et ISO/TS 22002), ce qui en fait un référentiel particulièrement prisé en Europe et dans les pays ayant une forte culture de la normalisation ISO. Le SQF, quant à lui, est développé et géré par le SQF Institute, une organisation américaine, et est particulièrement dominant en Amérique du Nord et en Australie. Une autre différence majeure est que le SQF propose une certification intégrant à la fois la sécurité et la qualité alimentaires (niveau 3), tandis que la FSSC 22000 est centrée sur la sécurité alimentaire. Enfin, le SQF utilise un système de scoring numérique, là où la FSSC 22000 fonctionne sur un modèle de conformité ou non-conformité.
Le praticien SQF est la personne désignée au sein d'une organisation certifiée SQF pour superviser le développement, la mise en œuvre, l'évaluation et le maintien du système de management SQF. Il doit avoir suivi une formation accréditée par le SQFI et réussi l'examen de qualification correspondant. Cette exigence est obligatoire dans le cadre du programme SQF car elle vise à garantir qu'une personne compétente et formée est en charge du système de management au sein de chaque entreprise certifiée. Cette responsabilité formalisée contribue à assurer la cohérence et la rigueur dans l'application du code SQF au quotidien.
Oui, la certification SQF est reconnue en Europe dans la mesure où elle est approuvée par la Global Food Safety Initiative (GFSI), organisation dont la reconnaissance est acceptée par de nombreux donneurs d'ordre à l'échelle mondiale, y compris européens. Cependant, en pratique, les référentiels les plus couramment demandés par les donneurs d'ordre européens sont le BRC, l'IFS et la FSSC 22000. Le SQF est davantage exigé par les clients nord-américains et australiens. Pour une entreprise européenne souhaitant exporter vers les États-Unis ou l'Australie, obtenir la certification SQF peut donc représenter un avantage commercial significatif.
La certification SQF est valable douze mois à compter de la date de l'audit de certification. Contrairement à certains autres référentiels comme la FSSC 22000, dont le certificat est valable trois ans avec des audits de surveillance annuels intermédiaires, le SQF exige un audit de recertification complet chaque année. Cette fréquence annuelle des audits est une caractéristique structurelle du programme SQF qui témoigne de l'exigence du référentiel en matière de vérification régulière du maintien et de l'amélioration du système de management.
Le score SQF est une notation numérique attribuée à l'issue de chaque audit de certification ou de recertification, qui reflète le niveau de conformité global du système de management de l'entreprise aux exigences du code SQF. Ce score est exprimé en pourcentage et est calculé sur la base de l'ensemble des constats de l'auditeur au cours de l'audit sur site. Un score supérieur ou égal à 96 % correspond à la mention Excellent, un score compris entre 86 % et 95 % à la mention Bon (Good), et un score entre 70 % et 85 % à la mention Conforme (Compliant). En dessous de 70 %, l'entreprise ne peut pas être certifiée. Ce système de scoring est l'une des spécificités les plus appréciées du programme SQF, car il permet de mesurer objectivement les progrès d'une certification à l'autre et offre aux donneurs d'ordre une information plus précise que le simple statut certifié ou non certifié.
Source :
https://www.sqfi.com/our-program/certification-programs/food-safety-program
https://www.sqfi.com/get-certified/certification-overview
https://safefoodalliance.com/wp-content/uploads/2022/08/SQF-Certification-Guide-2021.pdf
Dernière mise à jour le 25 février 2026